L’Imâm An-Nawawî (rahimahullâh) a dit [dans son
commentaire] :
Il est recommandé de faire la salutation de la mosquée en deux Raka’ah. Et cela est un consensus [Idjmâ’] des musulmans sur la question. Il est rapporté d’après al-Qâdhî ‘Iyâdh selon Dâwoud ainsi que ses adeptes que cela est
obligatoire [pour eux]. Et il en résulte de cette déclaration qu’il est blâmable de s’asseoir sans avoir accomplit de prière, un acte blâmable dont il faut s’éloigner. Il est donc recommandé de
faire la prière de salutation [at-Tahyat] en toute heure qui entre et cela est notre dogme [Madhhab]. Et le groupe [al-Djama’âh] dit sur cela qu’il est blâmable de prier
aux heures interdites [par la législation], et cela d’après Abû Hanîfa, az-Zaw’î et al-Layth.
Et la réponse de nos adeptes est que cela est interdit lorsqu’il n’y a pas
de raison. Certes le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) a prier deux Raka’ah après la prière de Dhuhr, ce qui est le jugement de la Sounnah de Dhuhr. Et pour ce qui est des heures
interdites [à la prière], le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) y a prié [à ces heures] pour des raisons, et il n’a pas délaissé la salutation [at-Tahyat] dans une
situation parmi les situations. Plutôt, il a ordonné à celui qui est entre à la mosquée le jour du Djumu’ah [prière du vendredi] et s’est assis [sans prier], pendant que le Prophète faisait son
sermon, de se lever et d’accomplir les deux Raka’ah [en guise de salutation] ; car la prière pendant la Khotbah [sermon du vendredi] est interdite, si ce n’est la
prière de salutation.
Si la prière de salutation avait dû être délaissée dans une des situations, elle aurait été délaissée dans cette
situation. Et [l’homme] s’est assis avant d’avoir prié, et ce qui est légiféré [Machroû’] c’est de prier avant de s’asseoir et lui était ignorant de cet avis. Et
assurément, le Prophète (sallallahu ‘alayhi wa sallam) a interrompu son sermon afin de lui parler et lui donner l’ordre de prier la prière de salutation [at-Tahyat]. Et s’il n’y avait pas un
intérêt particulier à la prière de salutation à toutes les heures, le Prophète (‘alayhi as-sallam) n’aurait pas souligné cet intérêt.
Il n’y a pas de condition quant à l’intention à avoir pour la prière de salutation. Bien au contraire, il suffit
simplement d’accomplir les deux Raka’ah de ce qui est obligatoire ou de la Sounnah ou bien autre que ces deux là. Si l’intention est faite pour la prière de salutation et que se présente à ce
moment [l’accomplissement] de la prière obligatoire, la prière [obligatoire] l’emporte sur la prière de salutation. S’il prie la prière funéraire, ou accomplit la prosternation de
reconnaissance ou de récitation, ou prie une Raka’ah avec l’intention de la prière de salutation, celle-ci n’est pas valable selon ce qui est le plus authentique de notre dogme [Madhhab]. Certains de nos adeptes ont dit que la prière de salutation [dans ce cas] était valable. Mais cela contredit le sens apparent du hadîth. Et leur preuve [sur cette
validation] est le statut vénérable de la mosquée qui fait que la prière [de salutation] est acceptée. Mais ce qui est le plus juste sur cela c’est qu’elle n’est pas
acceptée. Comme pour ce qui est de la mosquée sacrée [Masdjid al-Harâm], la première des choses avant de commencer le Hadj c’est le Tawâf al-Qoudûm
qui est une salutation [at-Tahyat]. Et il prie après le Tawâf deux Raka’ah. [3]